| Ronald Biggs a fini de couler des jours heureux au Brésil. Le "Cerveau" de l'attaque du train postal Glasgow-Londres en 1963, aujourd'hui âgé de 71 ans, est rentré au pays ce lundi 7 mai 2001.
Ronnie a décidé de mettre fin à trente et un ans d'exil. À son arrivée il a aussitôt été arrêté par la police britannique. Une soixantaine d'agents, sept camionnettes et trois voitures de police l'attendaient à sa descente d'avion, un jet privé affrété par le magazine "The Sun" .
Très diminué physiquement par trois attaques cérébrales successives, Ronal Biggs peine énormément à parler, préférant communiquer par notes.
"Mais j'arriverai à demander au juge de me laisser en liberté", a-t-il déclaré au journal. "Maintenant, je suis de retour et prêt à affronter le cirque." Selon The Sun, Ronald Biggs a décidé de mettre fin à son exil brésilien pour ne plus être un fardeau à son fils, Michael (26 ans). "Tant qu'il s'occupe de moi, il ne peut pas s'occuper de sa propre vie", a-t-il expliqué.
Le "cerveau" a toutefois bon espoir de revenir un jour à Rio, "mais en homme libre". Pour l'heure, "je dois rentrer en Angleterre, je veux à nouveau être un homme libre dans mon pays", a-t-il dit au journal.
Quant à Rosa Pereira dos Santos, cinquante et un ans, sa gouvernante et infirmière à Rio, elle n'a pu contenir ses larmes au départ du vieillard. "Je ne fais pas du tout confiance aux autorités anglaises pour veiller sur lui", a-t-elle confié au Sun.
A l'opposé de ce journal, qui ne consacre pas moins de sept pages bienveillantes à la gloire de Ronald Biggs, le Mirror et le Daily Mail donnent la parole à la famille de Jack Mills, le conducteur du train attaqué en 1963, mort depuis d'un cancer, mais moralement brisé à l'époque par l'attaque. "Criminel", titre le premier, en s'indignant que son concurrent ait affrété un luxueux jet privé et déboursé 44 000 livres (70 400 euros) pour rapatrier le voleur dans sa patrie.
"La colère des familles marquées à vie par cette nuit de l'horreur", titre de son côté le Daily Mail, qui assure que pas moins de 100 000 livres seront déboursées par les contribuables britanniques en un an pour faire face aux frais de prison, d'hôpitaux et de justice occasionnés par le retour de Biggs au pays.
Les journaux dits "de qualité" n'accordent de leur côté qu'une petite place à l'affaire, le Daily Telegraph étant le seul à la mettre en "une". Arrêté peu après l'attaque du train postal, dont il avait dévalisé avec plusieurs complices les 2,6 millions de livres (75 millions de dollars aujourd'hui, ou 80 millions d'euros), Ronald Biggs avait été condamné en 1964 par la justice britannique à trente ans de prison, mais Il s'était évadé l'année suivante (AFP). |