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Sciences
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Animaux
Basse-Normandie
Depuis le 2 novembre 1999, le CIRALE a ouvert ses portes à Goustranville en Normandie. Unique au monde, ce Centre d'Imagerie et de Recherche sur les Affections Locomotrices Equines, se consacre à l'étude de la pathologie osteo-articulaire et musculo-tendineusedu cheval. Il utilise ce qui se fait de mieux en matière d'imagerie médicale.
Thermographie, Image à Résonance Magnétique, radiographie numérique, échographie haute définition ou scintigraphie, ces technologies futuristes aux noms barbares étaient jusque-là réservées à l'homme. Aujourd'hui, elles sont mises à la disposition du cheval.
Il y a une vingtaine d'années, le vétérinaire ne disposait que de l'examen visuel et de la palpation, pour déceler les troubles locomoteurs d'un cheval. Maintenant, avec les progrès en matière d'imagerie, les outils pénètrent au cœur même de la lésion ; ils font effectuer un pas gigantesque à la connaissance des problèmes pathologiques. Avant, pour discerner un problème de boiterie et décider d'une thérapie, le praticien ne pouvait avancer qu'à tâtons. Aujourd'hui, il va directement à l'intérieur du foyer concerné pour percevoir avec précision l'état de la lésion.

UNE AVENTURE SCIENTIFIQUE

Le CIRALE est une idée du Conseil Régional de Basse-Normandie. Il voulait garantir aux yeux des Français et des étrangers, la qualité sanitaire de son cheptel équin. En 1993, Jean Marie Denoix, Directeur du CIRALE, Professeur d'anatomie et responsable de la clinique équine de l'École vétérinaire de Maisons-Alfort, est contacté pour développer ce Centre Pilote destiné à valoriser la production du cheval de selle français et du cheval de sport en améliorant ses performances.
Depuis longtemps, on sait que les muscles et les articulations d'un cheval de sport de haut niveau, sont très sollicités et qu'ils peuvent entraîner une multitude de pathologies. Un boulet ou un tendon sensible, peuvent cacher un mal de dos chronique qu'il faut identifier avec précision. L'imagerie médicale est essentielle pour déceler ces sites douloureux et le CIRALE a pu s'équiper de toutes ces techniques que n'aurait jamais pu financer l'école vétérinaire.

UNE MINE D'INFORMATIONS

Avant d'orienter l'examen d'un cheval vers telle, ou telle autre technique d'imagerie médicale, il faut définir la cible d'investigations. On ne peut pas examiner l'ensemble de l'animal, le choix dépend de l'étude préliminaire. On s'intéresse d'abord à l'histoire du cheval, en interrogeant l'utilisateur et le vétérinaire sur les problèmes de l'animal. Ensuite, le cheval est examiné par palpation à l'endroit précis où il souffre, puis un examen dynamique et physique du cheval est effectué à l'extérieur des locaux.
L'animal est filmé au trot, au galop et au pas, le cheval évoluant sur des terrains très variés, l'asphalte, le sable mou, les gravillons et un revêtement de piste de course, les images enregistrées sur caméscope servent plus tard à l'observation en laboratoire.
Au terme de cette étude préliminaire la technique d'imagerie est décidée. Si l'animal présente un mal de pied, on choisit la radiographie, mais, avec l'expérience des nombreux cas répertoriés, on a appris qu'un cheval n'est jamais atteint d'une seule lésion osseuse et qu'un de ses ligaments peut aussi être concerné. L'échographie est alors combinée avec la radiographie, pour ne pas ne se limiter à un seul aspect de la lésion. Une meilleure perception de la pathologie du cheval est ainsi obtenue et la vision de ses blessures devient réaliste. L'examen des points qui paraissent anormaux peut-être ensuite approfondi par une autre technique appropriée.
Avec ce potentiel technique et scientifique, le CIRALE est devenu un pôle de connaissances et de recherche, où de nombreux universitaires du monde entier viennent se perfectionner. Chaque cheval apportant son lot d'informations, les étudiants sont aidés par une documentation technique enrichie tous les jours. Les cas vus antérieurement, recensés à l'aide de l'outil informatique, sont de précieux enseignements pour la recherche rétrospective. Dans les problèmes de lésions méniscales par exemple, le grand nombre d'observations qui en ont été faites l'an passé, devient une mine d'informations pour les chercheurs.

L'IMAGERIE MÉDICALE ÉQUINE DANS LE MONDE

Certains pays utilisaient déjà des techniques d'imagerie sophistiquées, mais la France est maintenant un des rares pays à posséder , à la fois, l'I.R.M. et la scintigraphie.À l'étranger et notamment aux Etats-Unis, ce sont souvent des techniciens qui manipulent les échographies. Ils travaillent sur toutes sortes d'animaux, de toute taille, mais ils n'ont pas la formation spécialisée des anatomistes du CIRALE et ne peuvent donc pas tirer seuls, les enseignements de leurs investigations. C'est la différence et la force du centre et de ses vétérinaires dont la polyvalence technique est focalisée sur le cheval. Ils maîtrisent la technique et le médical et ils sont capables de faire des images, de les examiner et de les interpréter.
Ici, l'anatomiste baigne dans ce qu'il connaît. Il manipule des machines dont il est capable, d'analyser les résultats instantanément.

UNE CLINIQUE AU SERVICE DE TOUS

Toutes sortes de chevaux sont reçus au CIRALE, qu'ils soient des champions sportifs de haut niveau ou de simples chevaux de randonnée, ils bénéficient tous de la même attention. Par contre, un propriétaire ne peut pas présenter directement son animal, il faut que la demande soit faite par un vétérinaire. Aucun acte thérapeutique, même ponctuel sur un cheval n'est fait sur place, car les traitements exigent un suivi au quotidien et le CIRALE ne peut pas accueillir, pour un temps assez long, des animaux qui vivent à plusieurs centaines de kilomètres. La vocation du centre est avant tout d'affiner les diagnostics et non pas de remplacer les vétérinaires extérieurs.

DES DÉPENSES JUSTIFIÉES

Une enveloppe de 18 millions de francs avait été votée par le Conseil Régional de Basse Normandie pour les constructions et l'acquisition du matériel. Le projet terminé a coûté environ 30 millions de francs, mais ses résultats sont plus que prometteurs. Le projet prévoyait 200 examens de chevaux au terme de la première année d'exercice et toutes les prévisions ont explosé. Pour le seul mois de septembre dernier, plus de cent chevaux ont été vus au CIRALE, avec un bilan sur les dix mois passés, de plus de 500 diagnostics.
Les tarifs de consultation au CIRALE sont légèrement supérieurs à la moyenne des tarifs habituels, mais la qualité des équipements techniques étant exceptionnelle, le montant des prestations est tout à fait justifié. En fin de parcours, un dossier complet comprenant, les observations faites, l'imagerie, le diagnostic et les suggestions de traitement, est donné au propriétaire
L'ambiance formidable, une équipe motivée et la reconnaissance de la communauté scientifique, permettent à Jean Marie Denoix d'envisager avec sérénité la deuxième tranche de travaux. Elle est prévue pour augmenter la capacité du centre et sa technicité. Un manège permettra d'examiner les chevaux dans des conditions d'effort maximal en saut d'obstacle ou à grande vitesse. La vidéo endoscopie du système respiratoire sera mis en place pour examiner l'état pulmonaire du cheval et savoir si ce facteur n'est pas limitant dans sa performance. Pas de construction de piste, mais un tapis roulant identique à celui de Maisons-Alfort, où l'on pratiquera des examens cinématiques et d'électromyographies.

L’HISTOIRE D’UNE PASSION

En 1988, après le départ en retraite du professeur d'anatomie de l'École vétérinaire, Jean Marie Denoix est proposé pour le remplacer et développer la clinique équine.
Lorsqu'il arrive à Maisons-Alfort, l'école ne reçoit qu'une cinquantaine de chevaux par an. Aujourd'hui, prés de 400 sont vus en médecine interne et en chirurgie et plus de 600, rien qu'en boiteries. Il a fallu remettre à niveau les équipements et les installations et créer de nouveaux locaux dans l'hémicycle pour accueillir des chevaux. En 1989, l'école s'est pourvue d'un excellent appareil radiographique et en 1994, d'un échographe très perfectionné, financé par les haras nationaux et l'INRA. Tous ces équipements scientifiques sont destinés à faire avancer les connaissances dans le domaine des affections locomotrices du cheval. Ces troubles qui sont les principales causes de perte économiques dans l'élevage et l'exploitation sportive des chevaux, représentent des désagréments et des frustrations, même pour le cavalier amateur.

LE CHEVAL ET LHOMME

Grâce aux travaux du CIRALE, les éleveurs de chevaux sportifs auront un moyen efficace pour affiner leurs techniques d'élevage et d'entraînement. Aujourd'hui, la médecine s'intéresse aux résultats obtenus en échographie articulaire du cheval pour l'adapter à l'homme. Voila un juste retour des choses!…

LEXIQUE

- Échographie : Visualisation des tendons et des tissus mous par ultrasons. Les informations sont recueillies sur écran et stockées par informatique, pour une exploration ultérieure. Méthode utilisée pour l'examen de certains tendons, des ligaments et des articulations.
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Thermographie : Exploration des régions inflammatoires. Toute zone traumatisée dégage de la chaleur. Celle-ci est captée par une caméra infrarouge.
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Vidéo Endoscopie : Une caméra-miniature haute définition, munie d'un éclairage, est placée à l'extrémité d'une fibre optique. On introduit celle-ci par les naseaux pour explorer le tube digestif et les voies respiratoires. Les images sont enregistrées sur bande magnétique pour des examens ultérieurs
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I.R.M. : Cette technique fournit une représentation anatomique et biochimique des tissus de l'organisme. Chez le cheval, elle autorise le diagnostic des lésions du pied, sans aucune manifestation évidente et permet la représentation simultanée des os et des tissus mous.
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Radio numérisée : Elle offre une finesse de diagnostic exceptionnelle, indispensable dans l'examen des lésions osseuses et ostéo-articulaires. L'appareil du CIRALE permet d'examiner le cheval debout, y compris sa colonne vertébrale.
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Scintigraphie : On injecte par voie veineuse un produit faiblement radioactif, pour rechercher les sites de fixation osseuse du squelette, à l'aide d'une caméra gamma. Elle est utilisée pour la détection des fêlures, des micros fractures de fatigue et des lésions tendineuses ou ligamentaires.
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Cinématique : L'animal est filmé sur un tapis roulant, par deux ou quatre caméscopes, au pas, au trot et au galop. Transformées en trois D, les images sont ensuite examinées pour quantifier les troubles locomoteurs ou articulaires et connaître le potentiel d'un cheval de sport ou originaire de club. Cette technique permet aussi de tester certains médicaments, en quantifiant leur efficacité sur les boiteries.
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Electromyographie : Cette technique est très utile pour étudier les troubles de la maladie de Harper, (mouvement progressif de flexion du membre postérieur) et analyser le comportement musculaire du geste chez le cheval sportif. L'animal, bardé de capteurs placés à l'endroit précis d'intervention des muscles (8 muscles peuvent être analysés simultanément), évolue sur un tapis roulant. Les données sont enregistrées sur ordinateur pour évaluer leur impact sur le mouvement.