Explorer permettait de réellement profiter du paysage. Tout avait été conçu dans cet esprit. De grandes baies vitrée tout autour du fuselage, un salon panoramique à l'arrière, mais également des hublots sur le toit et le plancher de l'appareil. Ce dernier, le bottom glass, avait plusieurs déclinaisons possibles. Il servait à observer le sol verticalement et faire des prises de vues photographique ou cinématographique. L'avion, une fois posé sur l'eau, se transformait en un aquarium à l'envers, permettant l'observation facile des fonds marins. En ôtant la vitre de protection, un plongeurs pouvait pénétrer directement dans l'eau pour y travailler. Si enfin, on fixait un petit moteur hors bord, l'avion pouvait se déplacer sans avoir a se servir de ses deux énormes moteurs Lycomings de 235 CV. Dernier détail, pour effectuer un largage en vol, il suffisait d'enlever la vitre de protection du bottom glass.
Cet outil original, destiné à la découverte, n'avait besoin que d'une centaine de mètres pour décoller. Il pouvait se poser sur une piste classique, mais également sur le sable, les cailloux, l'eau ou la neige, grâce à ses roues rétractables remplacées à volonté par des flotteurs ou des skis.
Conçu dans un esprit polyvalent, il était appartement bourgeois avec chambre, salle de bain, cuisine. Ses vastes hublots panoramiques et sa cheminée surplombant le coin -salon, en faisaient une confortable maison volante. Pouvant voler à 70 Km/h, il se transformait selon les besoins en centre d'expérimentation scientifique ou en studio volant de prises de vue. Ce laboratoire de recherche pouvait travailler tout aussi bien sur les immenses régions hostiles du Grand Nord, que dans les grands déserts surchauffés de la planète. Dean Wilson avait déjà construit l'ULM, avec lequel Hubert avait traversé le Pôle Nord. Certains on dit que c'était le plus gros ULM du monde et c'est vrai ,qu'avec un poids à vide de 2 T 300 et une charge utile de 1 T 200, une vitesse de croisière ne dépassant pas les 140 km/h, la comparaison était évidente. Des petites performances aéronautiques qui ne l'empêcheront pas de s'élever jusqu'à 5OOO mètres, comme nous l'avons constaté en survolant les pics enneigés du Mont Mac Kintley en Alaska, le sommet le plus élevé d'Amérique du Nord.
Explorer s'est "scraché" en 1990dans les îles de Vancouver, après une erreur due au co-pilote. Il y eut plus de dégâts que de blessés.
Depuis, Hubert de Chevigny s'est lancé dans la fabrication en série de petits Explorers mono-moteurs qu'il diffuse au Canada. Ses clients, amoureux de la nature et des grands espaces, lui en ont déjà commandé plusieurs dizaines.