Tous les dégradés d'un coucher de soleil flamboyant s'exposent sur les murs de Roussillon en Vaucluse.

Les carrières de sables ocreux ont toujours fourni aux habitants du pays d'Apt les pigments destinés à rendre leurs maisons plus chatoyantes. La réputation de ces couleurs naturelles a franchi les frontières depuis le XVIIIe siècle, lorsqu'un certain Jean Estienne Astier découvre la qualité de ces sables et les commercialise sous forme de poudre. L'extraction se fait par lavage et décantation, puis les ocres sont brûlés pour obtenir tous les dégradés du ocre jaune au rouge vif. Broyés et conditionnés en sachets, ils sont expédiés dans le monde entier. Pendant plus d'un siècle, cette activité va faire la richesse de la région, mais après la guerre de 1914, les produits de synthèse remplaçant les colorants naturels, ils entraînent le déclin de l'activité. En1950, les dernières carrières en exploitation cesseront toute activité.
Dans tout le Lubéron, les villages s'agrippent aux falaises pour mieux se protéger. Lorsque l'on arrive au détour d'une colline, la vue de ces maisons qui se superposent harmonieusement est superbe. L'habitation vernaculaire s'est fournie abondamment en pierre sèche du pays, un matériau peu coûteux et disponible en grandes quantités. Dans les ruelles serrées, les murs se trouent de minuscules ouvertures pour mieux se protéger de la chaleur.