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Dans la pampa Argentine, les chevaux sont comme des fleurs dans un jardin...
Utilisé pour rassembler les bêtes, les conduire au couloir de soins, attraper les jeunes veaux pour les châtrer, ou lors du marquage, le cheval est l'outil indispensable de la pampa. Infatigable, très fidèle a son gaucho (ouvriers d'élevage), il forme un couple parfait avec son cavalier et fait partie du paysage Argentin. UNE RACE LOCALE : LE "CRIOLLO" Vers les années 1850, l'Argentine a besoin de main d'uvre pour exploiter les terres vierges et le pays accueille à bras ouvert les immigrants venus de toute l'Europe. En France, à cette époque et plus particulièrement dans la région aveyronnaise, la grave crise économique qui s'est installée fait souffrir durement les populations. N'ayant plus rien, beaucoup d'habitants décident de partir refaire leur vie ailleurs, sur des terres plus hospitalières. Fuyant l'aridité et la sécheresse de leur Rouergue natal, sans argent mais animés d'un espoir indéfectible, ces pionniers vont tenter et réussir une véritable aventure de l'autre côté de l'Atlantique.Ils s'installent dans une région perdue à plus de 500 kms au Sud de Buenos Aires et fondent le village de Pigüe. Agriculteurs et éleveurs, ils apprendront tout des populations locales et surtout comment utiliser les chevaux CRIOLLO, une race qui s'est faite toute seule, avec le croisement de chevaux de sang arabe amenés par les espagnols au XVIe siècle et des chevaux sauvages. La sélection naturelle de bêtes vivant en totale liberté dans la pampa, va donner un subtil cocktail : un cheval de petite taille, pas très lourd (450 Kg en moyenne) et une robe de couleur variable. L'animal est doux, obéissant et sa rusticité bien adaptée aux longues distances des plaines argentines, remplace avantageusement un véhicule tout terrain hors de prix. Une jument bien dressée, de 4 ou 5 ans, ne coûte guère plus de 700 US$ (4000,00F). Actuellement, il y a au moins deux ou trois chevaux par ferme dans la région, sur les 700 exploitations de 400 hectares de superficie, on en compte pas moins de 3000. DES CAVALIERS ÉMÉRITES En Argentine, la conduite du cheval est très différente de la France. Le cavalier saisit les rennes, ensembles dans une seule main et dans l'autre, il tient le fouet (rebenque, ou guacha). La selle, recouverte d'une peau d'agneau épaisse, est un véritable fauteuil. Il faut s'imaginer que le gaucho passe au moins 6 a 8 heures par jour sur son cheval et il peut lui arriver de dormir à la belle étoile au moment des déplacements du troupeau. Il enlève alors sa selle, la pose au sol à plat et déroule la peau d'agneau très laineuse pour la transformer en un lit douillet extrêmement confortable. CES GAUCHOS ROULENT LES "R" Litre, Vigouroux, ou Issaly, plusieurs jeunes de Pigüe, arrière petits-enfants de français, participent à ces compétitions. Leurs parents et grands-parents sont souvent chargés de l'entraînement et de l'organisation du spectacle. Un spectacle qui commence toujours le matin de bonne heure, par l'appel au micro des cavaliers inscrits et par la présentation des montures. Pour la plupart, très connus dans la région, ces chevaux sont l'enjeu d'un tirage au sort. Les spectateurs supputent sur les chances des uns et des autres et des lois du hasard qui attribuent parfois un superbe reservado à un piètre cavalier et vice-versa. Les arbitres assistants mettent en place la selle de l'équipage numéroté, mais c'est au cavalier qu'incombe le droit d'ajuster les étriers. LA NOSTALGIE EST TOUJOURS PRÉSENTE Ces descendants de français ne roulent pas sur l'or, ils n'ont jamais vraiment fait fortune sur ces terres difficiles. Jusqu'en 1930, le blé se vendait bien et certains pionniers avaient gagné pas mal d'argent, mais la situation du pays s'est ensuite dégradée. Avec les révolutions militaires et leurs cortèges de présidents quasiment identiques, le pays ne peut plus suivre et les piguense (c'est ainsi qu'on appelle les descendants de français) vont y laisser des plumes. À présent, la situation politique s'est améliorée, mais l'inflation continue et le moral des habitants de ce coin perdu au cul du monde ne refait pas vraiment surface. Leur rêve ? Retourner un jour au pays, cet Aveyron si lointain, à l'autre bout de l'Océan. FICHE PRATIQUE Quand ? VOYAGEURS DU MONDE Aerolineas Argentina : 16 h de voyage (escale à Madrid) prix moyen hors vacances scolaires 4500,00 F (taxes d'aéroport comprises). |
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