Pour réaliser cette image de la chasse au mamba vert, nous avions amené un animal de captivité.
Le reptile a été lâché dans un arbre et, étant informé que ce serpent pouvait atteindre des vitesses foudroyantes et se projeter vers sa proie en une fraction de secondes, prudemment, j'ai pris de la distance en plaçant un gros téléobjectif de 300mm devant mon appareil.
Pour piéger ce reptile arboricole, qui se nourrit essentiellement d’oiseaux, les hommes se munissent de grandes perches en bambou, dont l'extrémité est fendue. Le chasseur écarte la fente et place entre les deux lames un caillou tenu par une ficelle. Pour attraper l'animal, il suffit d'enfourcher son corps dans la fente et en tirant sur la ficelle, l’animal se trouve coincé dans le bambou.
Lorsque le chasseur réussit à tenir fermement l'animal, je me suis senti en sécurité et, le désir de faire "l'image" étant plus fort que la trouille, je me suis approché.
J'ai remplacé le 300mm par un très grand angle de 18mm et, tenant l'appareil à une dizaine de centimètres de la main du chasseur et de la tête du dangereux serpent, j'ai déclenché l'obturateur.
Ce genre d'image est assez "casse gueule" car les lignes de fuites occasionnées par le très grand angle peuvent donner une photo extrêmement dynamique, mais aussi, un résultat fade sans relief. De plus, on n'a pas beaucoup de temps pour peaufiner la composition.