Toutes les communes ont lobligation de traiter leurs eaux usées avant de les rejeter dans la nature. Cette précaution est destinée à la protection des nappes phréatiques mais également au maintien des eaux pures dans nos rivières.
Biologiste et grand défenseur de lenvironnement, Claude Camus est un fervent adepte des solutions écologiques. Conseiller municipal de Pannessières, il a obtenu de doter sa commune dun lagunage à lits à macrophytes pour assurer le retraitement des eaux usées.
LA NATURE, GRANDE INSPIRATRICE
Sous cette dénomination barbare se cache un processus naturel dassainissement utilisé par les étangs et les mares. Leurs berges sont plantées de joncs, diris ou de massettes et de roseaux, des plantes que lon nomme aussi «macrophytes». Elles abritent dans leurs immenses racines les millions de bactéries qui leur sont indispensables pour transformer les déchets en sels minéraux nécessaires à leur croissance. Grandes consommatrices de nitrates et de phosphates elles les pompent allègrement dans les liquides souillés.
Cest à un ingénieur allemand que lon doit lobservation de ce phénomène qui a permis linvention du lagunage à lits à macrophytes.
Il ne sadresse quà des communes de moins de 2000 habitants, qui doivent disposer dun espace pentu et suffisamment vaste. Aujourdhui, plusieurs villages allemands se sont dotés de ce système écologique, alors qu'en France, Pannessière fait office de pionnier.
Depuis dix ans maintenant, ce petit village jurassien de 500 habitants, possède sa propre installation et ça fonctionne parfaitement. En visitant les lieux on est frappé par le décor. Pas dusine, ni de grands bacs ronds en ciment, mais un immense jardin en contre-bas, constitué de massifs plantés.
Collectées dans une buse, les eaux usées sont amenées sur le site par simple gravitation et réparties vers des bassins successifs. Dans les quatre premiers couverts de roseaux, leau reste environ trois jours. Les bactéries vivant autour des racines dévorent les matières organiques en les restituant sous forme de sels minéraux puis, via un drain placé au fond, leau est acheminée vers trois autres bassins plantés de massettes et de joncs. Par photosynthèse, ces dernières vont absorber les nitrates et les phosphates en relâchant dans la nature une eau biologiquement propre.
ECONOMIES ET RESPECT DE LA NATURE
Dun investissement faible, (400 000F) le fonctionnement de cette installation ne coûte pratiquement rien au niveau entretien. Lorsquun bassin est saturé, il ny à besoin que dune seule personne pour en assurer la déviation en ouvrant ou fermant les vannes. Quand aux plantations, il suffit de réaliser une taille annuelle pour en garder toute leur efficacité.
Malgré ces aspects positifs, peu de communes françaises ont été attirées par laventure du lagunage. Ecologistes, vous sa-vez ce quil vous reste à faire, si votre village veut séquiper dune installation propre sans passer par une station dépuration classique.
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