Papouasie Nouvelle Guinée
Épaves du Pacifique
Rituel Duk-Duk
Située dans la jungle de Nouvelle Bretagne, en plein coeur de la Nouvelle Guinée Papouasie, la mégadoline de Minyé est considérée comme le plus grand trou d'érosion de la planète:

un diamètre de 450 m et des parois abruptes s'enfonçant à plus de 410 m sous terre. Pas un seul autochtone ne s'est essayé à descendre dans ce gouffre aux dimensions gigantesques; un volume de 26 millions de mètres cubes, en impose!... D'autant que les papous imaginent ces lieux habités par des mauvais esprits.
Une première pour le pilote de l'hélicoptère, qui devait nous accompagner dans la mégadoline. Allan, un australien au visage cramoisi de soleil, entame la descente aux commandes de son appareil en lui faisant effectuer des cercles concentriques. Il fallait utiliser un appareil comme le Hugues 500, seul habilité à évoluer dans les faibles portances d'air qui sévissent dans les gouffres. Le rotor à cinq pales réagit en puissance pour permettre à l'engin d'évoluer.Malgré le casque vissé sur la tête, le bruit devient insoutenable par l'effet de mise en vibration des pales et leur propre écho dansl'environnement rocheux. Nous avons l'impression désagréable que l'appareil va se disloquer, mais en s'approchant du fond les trépidations cessent pour faire place au grondement continu des chûtes d'eau environnantes.

UN TROU MINUSCULE, DE 400 m de DIAMÈTRE

Au dessus de nos têtes, le ciel n'est plus qu'un rond minuscule creusé dans la jungle. Nous avons l'impression que la terre va se refermer sur nos corps ridiculement petits. La pente, accentuée par les éboulis rocheux, oblige le pilote à nous débarquer en position stationnaire à un mètre du sol. Le moindre mouvement brusque de notre part, lorsqu'on met les pieds sur les patins pourrait se résulter par une catastrophe; les pales de l'hélicoptère déséquilibré frôleraient dangereusement les parois rocheuses. Il faut prendre appuie délicatement sur le patin, puis le lacher en douceur. Le souffle des pales, sur l'eau qui dévale en cascade de la montagne, rend l'opération de débarquement encore plus délicate et nous devons envoyer à terre nos sacs de matèriel avec beaucoup de précision, tout en étant arrrosés copieusement.Allan effectuera en tout quatre rotations de 10', pour amener toute l'équipe de sept personnes et le matèriel, du camps de base de Tuké à la mégadoline.Le fond du gouffre, n'est qu'une jungle dense, tapissée d'arbres morts imbibés d'eau et d'éboulis rocheurs. Un torrent surgit d'une des ouvertures souterraine. Il court en zig-zag, dans le fond de la mégadoline, puis s'enfonce à nouveau dans les parois de la montagne.Le débit du cours d'eau est impressionnant; plusieurs mètres cubes seconde qui dégueulent de la grotte dans un vacarme infernal. Le spéléologue Gérald Favre, qui a déjà découvert le site quatre ans plus tôt, nous sert de guide pour pénétrer sous le porche de la résurgence aux dimensions relativement réduites.

AUSSI VASTE QU'UNE CATHÉDRALE

Traversant les roches glissantes couvertes de mousse, on pénètre sous cette voute pour accéder à une salle aux dimensions délirantes: largeur 200 mètres, longueur 200 mètres et hauteur 120 mètres. Le tout, dans une pénombre totale accompagnée de la rumeur assourdissante des eaux, arrivant en cascade depuis les entrailles de la terre.Vision extraordinaire, que ces voutes rocheuses s'animant sous la lumière des torches spéléos.Des centaines de grosses chauves souris, dérangées dans leur sommeil diurne, s'envolent de manière désordonnée en criant de frayeur.L'écume blanche des eaux, s'éclaire sous la lumière des projecteurs et l'ombre démesurée des spéléos s'allonge sur les parois de la grotte. Le tournage de l'émission Ushuaïa a pour cadre ces immenses cascades souterraines que Gérald Favre fait découvrir à Nicolas Hulot. Pendant plus de deux heures, l'équipe va vivre des moments fabuleux qui resteront gravés à jamais dans les mémoires.Aujourd'hui, ce lieu peut figurer dans le livre des records, comme le plus vaste et le plus profond site géologique de la -terre.